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 CE QU'IL NOUS RESTE (CESAR)

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âme étoiledanse sur la lune
Invité
MessageSujet: CE QU'IL NOUS RESTE (CESAR)   Jeu 8 Juin - 18:47

césar, si tu avais été le roi de tous les mortels de la terre, je me serais levé, et je t'aurais dit : ave, cesar. mais tu n'es pas le roi de tous, tu es le roi de mon cœur, surélevé parmi les autres. césar, si tu avais été quelqu'un d'autre, je me serais enfui, mais c'est toi qui est devant moi. ton visage est éclairé par les beaux rayons du soleil, et te rend encore plus beau que tu ne l'es déjà, déposant avec finesse une pellicule de douceur sur le bord de tes cils, aux éclats mordorés qui se confondent avec l'or du champ et celui de tes mots. césar, toi et moi face à face, exposés mortellement aux cris des oiseaux qui hurlent de joie, et mes orgasmes incontrôlés sous la poussée de l'amour que j'éprouve pour la beauté singulière de ce lieu et de ton corps. bon.
et les blés qui dansent au gré du vent, la complicité qu'ils ont avec les nuages qui exécutent une valse lente dans les mêmes rythmes, c'est aussi merveilleux que dans les rêves. césar, tes doigts accrochent ces bourgeons de vie, tandis que mes yeux les contemplent, des bourgeons ou de tes fines phalanges, ça, ce n'est pas dit. je te souris, mais je ne sais pas si tu me vois, je regarde déjà ailleurs.
au loin (est-ce que tu les entends ?) des enfants crient et se chamaillent, je trouve ça magnifique. au loin, les autres attendent notre venue, ou celle d'un autre inconnu. tu vois, on a tout le temps, sous le soleil.
césar, je voudrais te dire tant de choses, mais elles restent coincées, là, quelque part dans ma gorge, au fond d'une petite cavité bien cachée.
ce printemps est le plus calme que j'ai passé depuis longtemps, et pourtant, il a été mouvementé. tourmenté par ta présence lumineuse qui me mettait en défaut.
et pourtant, césar, c'était à ce printemps-là que j'ai choisi de tomber amoureux. et de le rester. quand je m'approche de toi, mes lèvres qui tremblotent et mes mains tortueuses qui n'ont jusque là caressé que les pierres, j'inspire. puis, dans un souffle, où j'ai le temps de voir tes paupières se fermer de plaisir à l'air frais qui passe sur ton minois, où je peux t'effleurer, j'expire tout en trois mots.
trois mots qui changent tout.
je t'aime.
ce qu'il me reste,
cet amour,
inviolable,
ce qu'il nous reste.
et puis, quand tu détournes la tête, je n'hésite pas, je plonge,
et avec délice, je songe,
que nous sommes tous les deux,
les enfants sauvages,
de rimbaud et verlaine.
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Invité
MessageSujet: Re: CE QU'IL NOUS RESTE (CESAR)   Jeu 8 Juin - 21:03

des corps qui se frôlent
et se collent
et se serrent
et s’adorent
mais sans se fracasser.
c’est beau parce que c’est rare
c’est rare parce que c’est doux
c’est doux parce que c’est eux.
et les draps pas tout à fait secs
ni tout à fait propres
et l’air hyper chaud
mais pas trop quand même
et le soleil d’or brûlant
qui fait comme une couronne-auréole à merci
le bien-aimé.
des souffles un peu essoufflés
l’air qui rentre pas toujours
mais c’est pas grave
ça fait pas mal
(ça fait du bien)
et parfois des petits sons discrets, légers
et souvent des étreintes un peu plus fortes
et toujours des cœurs qui accélèrent
(le soleil devient rouge).
et puis
tout se calme
ça va mieux
ça va bien.
les doigts s’entrelacent
et les yeux se ferment
un peu
juste un peu
un tout petit peu
le temps de s’concentrer pour faire gaffe à pas oublier cet instant.
et la main de cez, douce et maladroite
maladroite surtout
qui prend ses droits, qui se glisse derrière la nuque de l’être aimé
remonte dans les cheveux
dans la tignasse pas bien coupée
et une poussée
pour faire se toucher les fronts
et le sourire qu’il cache à argos
à son géant aux yeux mi-clos.
l’amour se sent, se ressent et se sait
mais ne se dit pas.
ah
si.
c’est soudain
c’est présomptueux
inattendu et évident.
bordel c’que c’est beau.
trois mots murmurés
ou criés
peut-être même pas dans la bonne langue
cez il saurait pas dire
il s’en fout, tout c’qui compte c’est que ça a fait rater un
ou deux
ou mille battements à son cœur
et en fait
il est même peut-être mort
tellement ça l’a chamboulé.
"moi aussi
putain
t’imagines même pas"
qu’il voudrait hurler.
mais il hurle pas.
c’est pas qu’il veut pas, c’est qu’il a pas l’habitude
c’est qu’ça lui fait bizarre et qu’il a l’impression de passer pour un con
s’il dit
mon amour,
je t’aime.
alors il bat fort des paupières et s’enfuit
mais merci est trop rapide
ou lui trop lent
et le voilà qui s’fait vite rattraper
par un féroce baiser.
et là il peut pas résister
il peut pas faire le fier
le fort le preux
il est sans défense
nu au milieu des lances
alors il contre-attaque, il prend d’assaut le géant dans des espoirs désespérés
(mais pas vains)
de battre argos le sans-peur à son propre jeu.
et les corps s’emmêlent, roulent, s’entrechoquent
mais c’est toujours pas violent
c’est bon et bizarre
bizarre mais bon
et ça s’écrase sur le plancher un peu sale mais pas trop
et ça s’aime même par terre,
c’est si beau.
et quand ils ont fini de danser
cez se redresse, admire son amant plus qu’il ne le toise
et là, il est à deux doigts de dire les mots magiques
de renvoyer la balle
de craquer
de péter un câble
mais il dit rien, il fait rien, il s’la ferme
il se retient (encore)
il se dit que c’est pas important
que de toute façon il le sait, merci
il sait tout
il est trop fort
il a dû le lire dans son regard dès le premier jour.
alors à la place il l’embrasse sur les yeux
le front
le cou et le torse
et lui murmure au creux de l’oreille, presque innocent
dis-moi mon amour
tu veux faire quoi
là maintenant tout d’suite ?
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Invité
MessageSujet: Re: CE QU'IL NOUS RESTE (CESAR)   Dim 11 Juin - 14:22

ah, voilà que l'amour dans une ultime vague nous emporte avec lui, c'est merveilleux, un voyage dans les tréfonds du charnel et du désir, petite promesse indélébile qui nous dévore tout entiers. avide,  comme une gueule de loup, il nous engloutis dans ses jeux burlesques et aveugles. tout est beau. parce que c'est lui, parce que c'est nous. c'est ses lèvres un peu indomptées qui me capturent complètement. c'est ses inspirations entre deux baisers, et ses soupirs mêlés au, miens. une tendresse infinie. et puis, un peu après, c'est ses paroles, susurrées sur le bout, comme un poème en vers libres qui rampent tant bien que mal vers la joie. qu'est-ce que je veux faire, moi ?
t'embrasser, encore et encore !
jusqu'à ce que le souffle me manque,
et le tournis m'emporter !

le pire, c'est que c'est vrai. le mieux, c'est qu'on continue de s'embrasser, comme des enfants, on s'embrasse comme si on jouait à un jeu, mais c'est pas un jeu, c'est la réalité, la plus belle qui soit. ah ! même zeus n'a eu de si belle conquête, lui qui prenait tout par la force. tant pis si césar, c'est pas un chevalier, je m'en fiche, parce que de toute façon je le suivrais toujours plus loin, comme don quichotte vers dulcinée, et on courra si vite que les flèches des jaloux ne nous atteindront pas, juste celles du cupidon potelé qui nous a déjà transpercé de part en part d'un cadeau que nous venons d'honorer. quelle est douce cette heure, nos mains s'étreignant, tantôt posées sur les reins de l'autre, tantôt caressant la moindre courbure à la recherche du plaisir ! beaucoup trop d'excès dans nos geste, trop de passion, qui gobe nos étreintes. le géant argos, il avait pas toute cette délicatesse, lui. mais on m'a donné césar et on m'a offert à lui, par le hasard du destin, au bout de quelque mois, une fleur inconnue est venue embellir mon être pour me pousser jusqu'à dire ce secret que je voulais garder enfermé tout au fond, là, pour que personne ne sache, car si on savait, on m'envierait cet amour-là... mais aujourd'hui, j'ai laissé éclater cela au grand jour, et, si, oh, si césar ne partageait pas mon sentiment ? s'il se moquait de moi à l'instant même, me poussant des extrêmes limites pour ensuite me ridiculiser ? et si, et si... pourtant, ses doigts qui suivent mon dos n'ont pas l'air de mentir, ses yeux si pétillants et regorgeant de tout ce que je n'ai pas n'ont pas une nuance de traitrise, et ses lèvres adorables qui rencontrent les miennes non plus. mais je veux être sûr. je veux l'entendre. même si, oui, je sais.
mon roi, mon roi sans couronne,
bien sûr, je m'engage à lui en donner une bien vite, il ne peut pas rester ainsi !
je souffre, je souffre de ne pas t'entendre prononcer ces mots que je t'ai moi même chuchotés.
alors, ce que je veux, maintenant, ce qu'il me faut,
donne moi la preuve que tu m'aimes,
pour qu'enfin je sois apaisé.

oh, césar, je t'aime tellement,
et les larmes coulent toutes seules,
synonymes de mon allégresse.
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Invité
MessageSujet: Re: CE QU'IL NOUS RESTE (CESAR)   Dim 11 Juin - 23:52

à force de prendre les gens pour des cons
de penser voir le monde à travers des yeux intelligents
de s’leurrer sur tout et n’importe quoi
tout en n’étant personne
cez déchante
et parvient pas à s’échapper.
et le pire c’est qu’encore
il peut toujours s’en sortir
avec tout le monde
dans toutes sortes de situations
suffit de courir vite
d’insulter haut
ou de frapper fort
mais là c’est pas possible
pas avec merci.
il peut pas s’enfuir
partir de la chambre
ni sauter par la fenêtre
il peut pas lui dire d’aller se faire foutre
qu’il a pas de comptes à lui rendre
ou que c’est un enculé
et il peut pas non plus lui en mettre une en pleine gueule
voir son sang couler entre ses phalanges abîmées
et faire semblant d’ignorer sa douleur.
parce qu’il a pas de raison de jouer au lâche
que merci il y est pour rien
qu’il l’énerve même pas
alors qu’il devrait.
c’est pour ça qu’il l’aime tant
qu’il le désire h24
qu’il peut pas s’empêcher d’le regarder amoureusement.
parce qu’il fait comme tout le monde
mais qu’il est pas comme tout le monde
parce qu’il désarme cez sans s’en rendre compte
qu’il lui fait de l’effet sans le faire exprès
parce que chacun de ses gestes paraît naturel
spontané hasardeux humain
alors qu’on dirait que toutes ses actions ont un but.
en lui donnant un baiser
merci pense en récolter dix
(il a raison)
en lui souriant
merci pense faire s’emballer son cœur
(il a raison)
en lui demandant une faveur
entre deux souffles parfumés
le truc classique
dis-moi que tu m’aimes
c’est pas compliqué
merci pense obtenir satisfaction
(il a raison).
et l’enfant
tout honteux
presque fébrile
se penche
doucement
à l’oreille de l’amant
du demandeur
et lui murmure
le timbre plus tremblant que sensuel
(on a déjà vu plus d’amour dans un je t’aime)
(pardon)
je t’aime
merci
tu sais bien

un peu bougon
roses rouges + épines
j’ai l’air con
pas vrai
quand je dis ça ?

sourire gamin
lui mordiller l’oreille
jouer avec ses cheveux
l’embrasser jusqu’au nombril
écouter s’envoler les papillons
dans son ventre amaigri
et se redresser
fierté et assurances retrouvées
idées lumineuses
idées fastueuses
idées complètement débiles
comme un feu doré
au fond des pupilles.
eh t’sais pas
hier j’ai enlevé un enfant
avec la carcasse

p’tit gars qu’essaie de se la jouer cool
chat qui ramène un oiseau mort devant la porte
en pensant que ça fera plaisir à son maître
(le bonheur
moins t’en as
plus tu l’étales)
c’était drôle
j’aurais aimé que tu sois là.

dernier baiser-fleur avant de s’mettre debout
d’attraper du tissu
un anti-nu
(un caleçon)
de quoi se cacher
et puis se recoucher
dans le lit cette fois
en tirant les draps
ancre à la mer
qu’on remonte pour faire repartir le bateau
allez
viens là.
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Invité
MessageSujet: Re: CE QU'IL NOUS RESTE (CESAR)   Lun 12 Juin - 17:47

non, t'as pas l'air con,
par contre,
t'es tout rouge.

petit silence, et je souris.
on dirait une tomate !
et là, soudain, c'est comme l'apocalypse, y a tout qui se déchaîne, je ris, tellement, je ris parce que césar, quand il m'embrasse, il a l'air désarmé, je ris parce que c'est moi qu'il embrasse, et pas une de ces filles bien trop jolies à la démarche un peu trop chaloupée, ou ces garçons aux yeux doux, ces garçons qui devraient avoir tout mérité et n'ont rien récolté. et puis, je ris, parce que césar, il fait toujours des mines déconfites. comme les tomates, justement, des tomates (dé)confites. et je le regarde, parce que c'est quelqu'un de beau. avec des cheveux en bataille, on dirait qu'il sort de la guerre. avec un visage d'enfant, on dirait qu'il vient de chez les dieux. dans le fond de ses yeux, quelque chose d'étrange se balance au rythme de sa charge émotionnelle. je le place au dessus de l'humain, même si c'est un petit voyou de la pire espèce qui soit. je le place au dessus de moi (c'est à dire pas très haut, en somme), il le mérite, il a tout gagné, il m'arrache les dernières barrières que j'avais édifiées.
il sait tout faire. il fait comme moi. il me dit qu'il m'aime. même si ça sonne pas tellement juste, c'est comme un instrument, faut l'roder avant qu'il obéisse, et chez césar, j'sais bien que la bête elle a pas encore couru bien loin. si lui il n'est pas parti jusqu'au bout de l'horizon, moi, j'ai du parcourir deux centimètres dans les beautés excentriques amoureuses. j'suis un bleu. ah mais, avec mon presque empeureur, j'apprends. c'est mon maître, et moi, je suis l'amant.
carcasse, ça faisait longtemps que je lui ai parlé, un peu trop d'ailleurs, faudrait qu'on se revoit. ils sont vraiment de grands enfants de l'enlèvement, et curieusement, le fait qu'ils en aient enlevé un, ça ne me dérange pas. au contraire, ça m'amuse. je les vois, courir à en perdre haleine, le vent sifflant à leurs oreilles.
tu sais quoi,
j'espère juste que le gosse a pas crié,
c'est mauvais pour le marketing,
les mômes qui crient.

j'lui sourit encore, on perd rien à accorder des plaisirs aussi fugaces à notre aimé.
tu me vois avec un mioche dans les bras, toi ?
si c'est le chérubin d'un autre, ça m'dérange. mais si c'est notre lardon, avec césar, là, c'est une toute autre affaire.
il aurait les mêmes pupilles exploratrices de césar. il aurait les mêmes mimiques étranges quand il serait vexé. il aurait la forme de mon visage, et un mélange de nos deux mains. il serait aussi grand que mon homme. il serait tellement beau. il serait un panachage de nos deux corps, avec nos plus belles qualités et nos plus vils défauts. en somme, un être chaotique.
mais c'est pas grave, parce que ce serait le nôtre.
on lui apprendra ce que l'on sait (pas grand chose, mais c'est déjà ça).
on lui donnera les clés qui ouvrent les portes, à moins qu'il ne préfère les défoncer.
je rejoins césar dans les draps.
et un enfant, tu aimerais avoir un enfant ?
je lui donne un petit bécot sur la main, et plusieurs autres ailleurs, dans des lieux impossibles à définir.
césar, pourquoi tu m'aimes ?
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Invité
MessageSujet: Re: CE QU'IL NOUS RESTE (CESAR)   Mer 14 Juin - 21:02

et quand il rit
y a des météorites qui tombent
qui s’écrasent sur la terre
et le soleil qui explose
brûlant tout sur son passage.
c’est l’apocalypse
c’est la fin du monde
quelque chose qui surprend
mais qui fait pas peur à ceux comme cez
qui n’ont pas peur des trucs inattendus  
quelque chose d’incroyable
qui surpasse toute autre chose incroyable
et cez l’homme paumé
qui ne sait que faire d’autre
à part le regarder
et le
"t’es beau,
mon amour
quand tu ris"
qui lui brûle ses lèvres-terre
(comme le soleil)
mais qu’il retient
par peur de gâcher l’instant
et de stopper le cristal de son rire
plus tôt que nécessaire.
il a même pas compris pourquoi c’est si drôle
pas compris la blague avec la tomate
mais on s’en fout
de ça
merci peut bien lui donner le nom de tous les légumes du monde
si ça l’fait exploser comme ça.
et puis voilà
effet boule de neige
cez rit aussi
sans savoir pourquoi
l’air un peu con
mais si léger
si heureux
qu’on lui pardonne
(cez rit beaucoup
et très fort
mais c’est presque jamais sincère
c’est souvent pour se moquer
méchamment
ou juste quand il est stressé).
on lui pardonne les mots qui refusent de sortir
on lui pardonne merci qui lui appartient
mais qu’il ne mérite pas
on lui pardonne ces moments qu’il lui vole
et l’égoïsme, la possessivité maladive avec lesquels il le regarde
l’admire
on lui pardonne tout
et c’est presque tant pis.
léger aussi l’instant où
dans un sourire en coin
merci s’amuse (comme s’il y était)
des conneries dangereuses d’la carcasse et de lui
et le sourire de cez s’élargit
risque pas
après trois gorgées d’bière
il était bourré

(duo démoniaque
adultes irresponsables
ados malheureux)
et puis merci lui parle
d’enfant
(encore)
mais d’un enfant à lui
dans ses bras
bercé dans la douceur
d’argos le beau géant.
mais bizarrement ça rend cez mal à l’aise
il sait pas quoi dire
il est un peu déçu
mais pas par la faute de merci
parce qu’il s’rend compte des choses
et que même là
même dans ce moment de soleil et de rêve
cez peut pas avoir la même vision des choses que lui
il a pas les mêmes yeux roses
et les aura jamais.
non
il fait tout bas
parce que si t’as un bébé dans tes bras
et que plus tard il t’appelle papa
ce sera pas l’mien

c’est la génétique, c’est con mais c’est comme ça
c’est la loi du ciel et de la nature
c’est un peu d’la merde aussi
et ça
j’veux pas.

et de nouveau le regard du mec qui tient trop à ce qui est à lui
pour le laisser s’en aller
le sourire un peu ébréché
la cerveau en compote
comme les jours d’orage.
est-ce qu’il aimerait avoir un enfant ?
oh merci
pas aujourd’hui.
sérieux
qu’est-ce qu’ils ont tous avec les gosses ?
à lui demander son avis
à lui dire que ce serait drôle ou que ça ferait bizarre
à en rire alors que c’est pas drôle
non c’est pas drôle de rire des enfants
parce que les enfants c’est pas des blagues
et cez il peut pas s’empêcher
dans ces moments-là
de se demander si sa mère à lui aussi
elle rigolait à son âge
le ventre à peine arrondi.
qu’est-ce qu’ils veulent qu’il leur dise, cez ?
dire à carcasse qu’elle ferait une mauvaise mère
(parce que c’est vrai) ?
dire à babydoll que non
laisse-moi tranquille
mon merci à moi
il a pas besoin d’savoir pondre des œufs
pour que j’sois amoureux ?
dire à merci
pardon
mon amour
mais j’veux pas d’un enfant
même avec toi
parce que j’ai peur
qu’il soit trop comme moi
pas à la hauteur pour un monde comme celui-là
?
non
il peut pas lui dire ça
alors il lui dit rien d’plus
il laisse ça comme ça
il y touche pas
à leur amour naissant
(peur de tout gâcher en un instant)
et quand vient l’ultime question
c’est d’un baiser doux
mais un peu amer quand même
que cez fait taire merci
stop les questions
au moins pour le mois à venir

et
après avoir farfouillé
(un peu trop fort)
dans ses cheveux
pour faire s’envoler la poussière d’or
cez sort du lit et quitte la chambre
des grains d’amour incrustés sous les ongles
et au bout des doigts.
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Invité
MessageSujet: Re: CE QU'IL NOUS RESTE (CESAR)   Lun 19 Juin - 18:10

ils rigolent, et ils montent en haut de l'escalier du rire, après les aveux déprimants de césar au sujet du pauvre petit garçon qui a pris sa première cuite trop tôt. c'est pas vraiment un sujet drôle, mais c'est la bêtise des deux garnements qui mérite toute l'hilarité de la scène. pas vraiment responsables, non, mais bon, c'est pas très grave, s'il n'y a que ça...
ah ben, césar se referme tout à coup, il fait l'huître. il se retranche dans ses quartiers, où il maîtrise la situation. d'un côté, c'est frustrant, parce que j'ai l'impression d'être abandonné. mais aussi, c'est la preuve qu'il m'aime, non ? qu'il se ferme parce qu'il ne veut pas m'avouer tout ce qu'il éprouve pour moi ? c'est beau, tout ça, hein ? n'est-ce pas ?
ah, non, c'est pas par amour qu'il se ferme. c'est parce qu'il veut pas me voir avec un enfant dans les bras. un enfant qui d'après lui ne sera pas le sien. ne sera pas le nôtre. qu'est-ce qu'on s'en fout de la génétique ! maintenant, si on le voulait, on pourrait avoir un petit gars à nous, ou une petite princesse à dorloter. faut juste en faucher un au premier venu, l'élever dans un duo de papas et la rendre heureuse, le rendre joyeux. mais césar, il a pas l'air de comprendre comme je le voudrais. il a l'air peiné. il a l'air quelqu'un d'autre. il est plus cet homme qui batifolait tranquillement, dans des ébauches d'un douloureux amour, maintenant, il est... l'huître. voilà. c'est fini. c'est triste.
sauf qu'après, l'ami sourit. ça, c'est infiniment meilleur que le fruit de mer. alors je lui souris aussi. on reste en suspend, comme ça, j'sais pas quoi dire, lui non plus, c'est pas grave, notre attirance comble le vide. naturellement.
jusqu'au moment où césar met les voiles. par là bas, vers la sortie. il veut arrêter. que fait-il ? où va-t-il ?
césar ?! césar !
les volets grincent, poussés par le vent, les portes bougent, entraînées par la brise. des ombres dansent dans le troglodyte, et tout d'un coup, c'est fini, y a plus rien, plus d'amour, même si les graines sont encore là, bien vivaces au creux de la main.
il n'a pas l'air de m'entendre. alors je l'appelle, plus fort, plus encore qu'avant. mes césar résonnent sur les murs, reviennent et repartent, mais le vrai ne revient pas, il s'est évanoui.
césar, reviens !
césar, qu'est-ce que j'ai fait ?
césar !

mais je le vois pas, il est parti. je grimpe sur la terrasse, me dresse sur la pointe des pieds, plus près des astres, et je regarde autour de la maison.
césar...
je sanglote, pris de remords.
j'l'aime césar.
j'l'aime et j'veux pas qu'il parte par ma faute.
césar, reviens...
sanglots.
césar...
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Invité
MessageSujet: Re: CE QU'IL NOUS RESTE (CESAR)   Jeu 22 Juin - 23:36

ça l’fait sourire
quand il l’entend crier son nom
ça l’fait rire
quand il l’imagine tout paniqué
comme un enfant
comme un bébé
il pense pas une seule seconde que pour lui
pour merci
c’est pas marrant
c’est pas joli
mais cez il est égoïste
il pense qu’à lui.
alors il fait sa vie
visite la pierre
erre de pièce en pièce
met du coton sur son dos
du jean sur ses os
et il sort
ravi de son petit tour de merdeux
dans l’idée d’faire poireauter son amoureux
pour mieux l’aimer plus tard.
il fume sa clope
il s’coupe du monde
au loin
l’horloge de l’église sonne
ça fait frissonner cez
il pense à un truc
(c’est pas l’idée du siècle
c’est mieux)
et il retourne à l’intérieur
tout près d’son merci
qui l’attend
sur le balcon
en larmes
à sa merci.
oh merde
clope toujours au bec
cez s’approche de l’amant à terre
sait pas trop quoi faire
a peur de le toucher
eh ça va pas ?
qu’est-ce qui s’est passé ?

un peu con
un peu maladroit c’est vrai
mais c’est l’intention qui compte
et l’intention y est.
et quand entre deux sanglots
deux gerbes de fumée folle
il entend c’que merci
pendant tout ce temps
criait peut-être
ça l’rend à la fois honteux et heureux
il se sent important
aimé
ça compte
ça fait du bien
merci
je t’aime
ok ?

jette la clope par le balcon
se penche sur les larmes du géant
l’embrasse fort
plus fort même que durant leurs moments d’éternité
sur le front
parce qu’il l’aime
sur les yeux
pour qu’les larmes gèlent
dans les cheveux
don du ciel
pleure pas comme ça
j’partais pas
c’était pour rire
j’allais pas te laisser
j’te ferais jamais ça

sourire taquin
(il s’en veut même pas)
et il se relève
cherche son paquet de clopes
quelque part
et quand il l’a trouvé
il embrasse merci
encore
et il lui dit
(susurre)
faut que j’aille voir baby
ça fait longtemps qu’on s’est pas croisés

t’as entendu l’église ?
c’est elle qui suffoquait
on s’revoit vite
j’t’appelle
gros bébé

un rire
trop désinvolte
à peine insolent
et du coton
dans le vent.
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